Jongleur de Zilina
Un enfant de la balle sur du béton gris au petit jour.

Pour Tchoucky.
Pendant toute la nuit, ils ont roulé à m’en rendre sourd et saoul : ukrainiens chargés à plier les tracteurs, italiens, polonais rentrant chez eux à fond de train, quelques français à qui j’aurais aimé faire un signe, roumains, slovaques, tchèques, espagnols plein de soleil, bulgares, turcs, autrichiens, russes et naturellement l’armada allemande au petit trot, les yeux rivés sur le compte-tour… Tout ce petit monde est passé devant ma skoda comme à la parade avec de grands jets de lumière dans l’habitacle où je cherchais en vain le sommeil, dans le sifflement des turbos et des ralentisseurs, le fracas des remorques vides, le couinement des changements de régime ; bâchés, frigorifiques, porte containers, citernes et j’en passe, en solos ou organisés en convoi, ils n’ont eu de cesse de creuser des rails dans l’asphalte de la route jusqu’au petit matin.
Au petit matin où, après une sombre lavasse insipide cueillie dans une station service, je l’ai déniché sur sa pile en train de faire le zouave avec ses quilles. Allez savoir pourquoi, je lui trouvai un petit air mélancolique avec son teint de craie, aussi je l’ai pris en photo, pour lui redonner un peu de couleur sous sa bretelle autoroutière de Zilina.








Arthur
Dis donc mon chou, t’es toujours en vie ?
juil 20th, 2008 at 0:26
Pimpin
Yes mon lapin
juil 20th, 2008 at 19:48