Sonnet de nuit
Un peu de poésie pour une affiche de Brest trouvée sur les murs du cinéma de l’Avenir. Tout un programme.

Un autre voleur de bisou ! Tout aussi teigneux, féroce, brutal et sanguin que le précédent ? Non, non… Ce n’est que Tristan Corbière, dans une pièce des Amours Jaunes en ouverture de Sérénade des sérénades, qui se prend un râteau dont il a seul le secret et qui me permet de prouver que voleur de bisou c’est quand même pas une sinécure.
SONNET DE NUIT
O croisée ensommeillée,
Dure à mes trente-six morts !
Vitre en diamant, éraillée
Par mes atroces accords !
Herse hérissant rouillée
Tes crocs où je pends et mords !
Oubliette verrouillée
Qui me renferme … dehors !
Pour Toi, Bourreau que j’encense,
L’amour n’est donc que vengeance ?…
Ton balcon : gril à braiser ?…
Ton col : collier de garotte ?…
Eh bien ! ouvre, Iscariote,
Ton judas pour un baiser !
Je suis un vrai bonnet de nuit.







