Le retour de Pimpin
Le voyage fut quelque peu erratique, mais après avoir passé en revue les moyens de transport modernes, voiture à essence, train, car, et avion, je suis enfin arrivé à destination.

Une fois lancé, que d’aventures en chemin ! Nous eûmes droit à un caprice du train d’atterrissage principal qui nous immobilisa quatre heures durant, quatre heures de pur délice que je passai allongé sur le tarmac à regarder les gars de la maintenance farfouiller. En début de voyage, les hôtesses m’ont plutôt à la bonne. Quant au voyage qu’en dire, puisque je vous sens brûlants de l’entendre ?
J’étais logé côté couloir, je m’étais farci le nécessaire pour abattre sans férir une nuit de sommeil dont seuls les bûcherons canadiens osent rêver, mais las ! Mes voisins étaient dotés d’une prostate d’écureuil et n’ont eu de cesse que de me démantibuler l’épaule. Moi, je dis que quatre voyages dans la nuit, faut consulter ! On ne peut souhaiter même à son pire ennemi de passer dix heures d’avion à côté de voisins dotés d’une prostate d’écureuil !
Enfin, je connus mes mésaventures don quichottesques habituelles avec le plateau repas, sur lequel on s’ingénie à empiler et faire tanguer un amoncellement extravagant d’amuse-gueule conditionnés pour vous péter au nez.
Ce qui me pose le plus de souci, c’est quand même la serviette qui est un vrai foutoir et le hors d’oeuvre qui halète sous un film plastisque plus serré qu’un jean des années 70. À l’ouverture de la serviette, recta, c’est le feu d’artifice assuré : en général, je fais très vite le deuil de la petite cuillère bien que je passe un bon moment à quatre pattes pour retrouver tout mon petit monde. Quant au hors d’oeuvre, je m’en colle la moitié sur les doigts à essayer de décoller ce foutu plastique que je finis invariablement par arracher à grands coups de dents, parce qu’à la fin, ça va bien. Résultat des courses : je bouffe froid le plat chaud et les hôtesses se font un jeu de me rouler sur les pieds avec leur chariot, ce qui vous permet de mesurer aisément le chemin parcouru depuis la lune de miel du début. L’avantage, c’est que je suis le premier à sortir.
Cessez de haleter de la sorte, ça en devient oppressant, je vous jure ! Oui, je vais le dire ! Ben je suis arrivé pile poil devant le bonhomme que vous avez devant les yeux. Vous reconnaissez quand même bien le bleu de l’Océan Indien ! Ben, tous les matins, pour mon réveil, il me fait cette galipette, ce qui a le don de me mettre en joie à tout coup.






