Ombre du gouzou

5 avril 2007

Le temps l’efface peu à peu, mais il résiste avec vaillance.

ombre du gouzou
Après le mort, le toujours vif. Cela fait trois ans que je passe sous son nez, qu’il agite les bras à ma vue, plus fidèle que l’oeil électronique d’un radar automatique, dans son coin d’ombre en bordure de la quatre voies. Jamais, je n’ai répondu à ses invitations. Pressé, fatigué, j’avais toujours une bonne raison qui n’en était jamais vraiment une. Enfin, récemment, j’ai cessé de différer ma visite car je voyais bien que le temps allait me jouer un vilain tour.
Certes il est un peu émoussé, la joue s’est faite un peu plus creuse qu’on croirait que l’os va saillir de sous la peau, l’herbe gagne et on lui a mis gentiment un élastique pour qu’il ne perde pas son chapeau sur un bête coup de vent. Mais il a conservé tout le charme de ses vertes années. Il rejoint donc la grande fraternité des gouzous bonnets d’âne, des rase mottes et des solitaires. Y a des fois un rien vous habille une journée.
Demain, c’est Mandy qui nous met un coup de bleu.

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