Les voyages de ma douce

18 mars 2007

Où je ne vis que du bleu, puis après me vint un beau voile noir. Où il est question de locataires, de chats, de bourdon et de ma douce. La vie n’est pas toujours rose !

les voyages de ma douce

«Je ne demande qu’une chose: gagner assez de pain brioches croissants biscottes pour en donner aux oiseaux.»

Jules Renard Le Journal 1902
moi"

Plus haut que la baignoire aux étoiles ! Hier, un gros bourdon, mal gaulé et pas de charme, a arraché ma douce (Vingt-troisième hublot tribord - c’est qu’il en a crevé des coeurs ce grand salopiaud ! ) dans le hurlement -n’ayez crainte !- de ses quatre réacteurs déchaînés en pleine poussée. J’ai bien essayé de le suivre, mais je me suis vite essoufflé -question voilure, je suis un peu sousdimensionné. De plus, j’ai beau être plat comme une limande, faut quand même savoir que le rougail saucisse, c’est un peu la mort programmée de la petite aéronautique.

De retour à la case départ, les voisins du dessus, une famille nombreuse à qui j’ai installé une piscine dans la gamelle du chat, m’attendaient en rang d’oignons : voulaient savoir quand est-ce que ma douce revenait et ce que je comptais faire avec mon kilo de croissant dans leur corbeille de mille roses rouges encore toutes perlantes de rosée que je lui cueillais à la pointe de l’aurore.
Alors là, j’ai été très ferme ! Personne ne touchera au kilo de croissant dans leur corbeille de mille roses rouges encore toutes perlantes de rosée que je cueille pour ma douce à la pointe de l’aurore. Ils ont pas insisté, ils sont partis se baigner en me disant de ne pas oublier les biscottes. Les locataires sont d’un sans gêne aujourd’hui. Les chats du voisin opinaient de concert. Sont très bien ces chats-là ! Pas plus courtois…
Que le vaya bien ! Hasta pronto querida !
Addendum : Evidemment, si j’avais revêtu la combi fluo d’Ubu gouzou, la donne en aurait été bien changée ! Tout d’abord, cela aurait donné un coup de fouet à ma silhouette et mis un peu plus en valeur ma taille de guêpe mais surtout plus personne n’aurait fait le malin. C’est quand même plus facile de péter les dents au gros bourdon ci-dessus et de défendre son kilo de croissant dans leur corbeille de mille roses rouges encore toutes perlantes de rosée que je cueille à la pointe de l’aurore quand on a le combi fluo d’Ubu gouzou sur le dos. Bon j’arrête.

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