Ground zero
Fermeture des portes ! Verrouillage des portes !

Rhaa ! La vache, mais je suis dehors là ! Passager du soleil, ce sera pour une autre fois, j’ai bien compris, merci. Y a pas grand monde dans les rues, hein ! Mais y a personne chez moi, non plus, alors, et le ciel n’est qu’un anus qui se la pète pendant que je me pèle les noix grave.
Allez je m’en grille une petite sous un réverbère avant de choper le 206 ou le 212. Je vais y retrouver mes semblables, ces mêmes têtes, différentes à chaque fois et à chaque fois un peu les mêmes, de l’endormie, du chapeau, de la toque, de la jeune avec écouteur, de la vieille, de l’indifférente, de la patiente, de la souffreteuse, que j’entrevois du coin de l’oeil, cette humanité oscillante dans le petit jour où je joue les braves petits soldats, dont je suis l’humble petite fourmi … Tiens une nouvelle sous l’abribus ! A côté de la cornette, un parka tout rouge, mais moins que ces yeux. L’a vraiment l’air con, le gars.
Mais j’ai quand même une préférence pour le 212, il est articulé et on se croirait dans un shacker, ce qui me fout de mauvaise humeur pour toute la journée. Et c’est si bon d’être méchant ! Allez, avec un peu de bol, je me choperai un 212.







