Buffet froid
Un document contemporain sur le mode de vie urbain du sexe masculin à Bratislava. La révolution jaillira toute crue de nos frigos, plus rapide que l’éclair de la lame sortant de son fourreau ! Camarades à vos fourneaux !
Vendredi dernier au sortir du boulot, je suis allé m’en jeter un petit dans un troquet plutôt sympa avec mes petits camarades. Nous y rencontrâmes, tout à fait impromptu, quelques autres français, goûtant aux joies de l’émigration. Nous devisâmes bien sagement devant nos chopines, et figurez-vous que l’assemblée étant essentiellement masculine, nous vînmes à discuter des choses qui nous tiennent à coeur, nous les hommes, célibataires jeunes ou vieux, d’élection ou de raccroc.
La conversation roula donc sur les joies de la colocation, de bac à légumes aux allures d’oubliettes médiévales où carottes et salades abandonnées dépérissent sans jamais plus voir le jour, pas plus que le couteau du bourreau. Nous échangeâmes également quelques recettes pour bouffer vite, sans salir un couteau ni une assiette. Comme vous vous en doutez, ce ne fut qu’un tir roulant et quasi ininterrompu de fromage à tartiner, de pizzas congelées et de charcuterie au cuir aussi épais qu’un short tyrolien. Quel ne fut pas notre étonnement de nous apercevoir que tout un chacun mangeait la même chose que son voisin !
Si nous étions restés, je sens confusément qu’au quatrième demi, un vent de révolte aurait certainement soufflé et que nous aurions convenu que nos régimes alimentaires n’étaient guère équilibrés, que ça pouvait plus durer ainsi. Qu’au huitième, on buvait par trop.
Puis serait venu le moment tant attendu, dont nous n’aurions plus gardé de souvenir très net, où nous aurions décidé, dans un grand élan révolutionnaire, de changer notre alimentation et mettre un terme à la dictature de la malbouffe. L’hygiène alimentaire, c’est quand même la base d’une santé prospère.
Mais, je suis rentré chez moi, bien sagement, et la révolution culinaire que chacun appelle de ses voeux attendra encore un peu au fond de nos fourneaux toujours froids. Parfois, ça tient à pas grand chose les révolutions…
Matthias, quand tu veux, pour le resto, parce que je raye le parquet là !








matthias
… Et j’ai failli mourrir de le l’avoir pas eu, j’ai préferé subir ma flèmagite aigue… Sachant depuis peu que les révolutions ne tiennent à pas grand chose, j’opte pour les commencer dès demain. Au “Verne”, vers 19h?
nov 14th, 2007 at 12:40
admin
Adelante ! La cuisine bourgeoise va payer >:(
nov 14th, 2007 at 12:40
matthias
… sous la neige en espérant croiser au moins ton ombre, j’ai du me refugier seul dans cette bonne et vieille brasserie à l’enseigne romanesque… serait-ce contagieux? Une prochaine?
nov 15th, 2007 at 12:41
admin
Les révolutions en hiver ! Coincé à Kramaré sans tramway et descente à pied. Je suis arrivé trempé, fatigué, écoeuré… Sous la couette direct ! Une prochaine.
nov 16th, 2007 at 12:42